Traitement des remontées capillaires
Les remontées capillaires figurent parmi les pathologies d’humidité les plus fréquentes (et les plus mal comprises) dans les bâtiments anciens. Confondues à tort avec de simples infiltrations, elles nécessitent un diagnostic précis et un traitement spécifique pour être définitivement résolues.
Qu’est-ce que les remontées capillaires ?
Les remontées capillaires, également appelées humidité ascensionnelle, constituent l’un des problèmes d’humidité les plus fréquents dans les bâtiments anciens.
Ce phénomène naturel se produit lorsque l’eau présente dans le sol remonte progressivement à travers les matériaux poreux de vos murs par un mécanisme appelé capillarité.
Contrairement à une infiltration classique, l’eau ne provient pas d’une fuite ou d’une fissure : elle est puisée directement dans le sol et transportée à l’intérieur même de la maçonnerie, ce qui explique pourquoi les traitements de surface (peinture, enduit imperméable classique) restent inefficaces sur le long terme.
Le principe de la capillarité dans les murs
La capillarité est une loi physique qui permet à l’eau de défier la gravité en s’élevant dans les matériaux poreux. Les briques, la pierre naturelle et le mortier contiennent des milliers de micro-canaux et de pores interconnectés qui agissent comme autant de petits tubes aspirant l’humidité du sol.
L’eau chargée de sels minéraux remonte ainsi progressivement dans la structure de vos murs, pouvant atteindre une hauteur d’un mètre ou plus selon la porosité des matériaux et le niveau d’humidité du sol.
Plus un mur est ancien, plus ce phénomène a de chances d’être marqué : les techniques de construction utilisées avant les années 1950 intégraient rarement une barrière d’étanchéité horizontale, un dispositif aujourd’hui systématique dans les constructions neuves.
Pourquoi votre maison est-elle touchée par les remontées capillaires ?
Toutes les habitations ne sont pas égales face à ce phénomène. Plusieurs facteurs, souvent cumulatifs, expliquent pourquoi certains bâtiments développent des remontées capillaires marquées quand d’autres y échappent.
L’absence ou la dégradation de la barrière d’étanchéité horizontale
Dans les constructions anciennes, la barrière d’étanchéité horizontale (feuille bitumineuse, ardoise ou lame métallique posée à la base des murs) est souvent absente, mal positionnée ou tout simplement détériorée par le temps. Sans cette protection, rien n’empêche l’eau du sol de s’engager dans la maçonnerie.
Un terrain humide ou mal drainé
La nature du sol joue un rôle déterminant. Un terrain argileux, une nappe phréatique proche de la surface, ou un terrassement extérieur mal conçu (absence de drainage, dallage collé contre le mur) favorisent une saturation en eau du sol qui alimente en continu le phénomène de capillarité.
La nature poreuse des matériaux de construction
Les matériaux anciens (brique cuite artisanalement, pierre calcaire, mortier de chaux) présentent une porosité naturellement élevée. Cette caractéristique, appréciée pour la respirabilité du bâti ancien, devient un point faible face à l’humidité du sol lorsqu’aucune barrière n’y fait obstacle.
Des travaux extérieurs qui aggravent le problème
Certains aménagements réalisés sans expertise technique aggravent involontairement les remontées capillaires : rehaussement d’un trottoir ou d’une terrasse au-dessus du niveau d’origine de la barrière d’étanchéité, enduit extérieur étanche empêchant l’évaporation naturelle de l’humidité, ou encore suppression d’une ventilation basse existante.
Comment reconnaître les remontées capillaires ?
Les signes visibles d’humidité ascensionnelle
Les remontées capillaires se manifestent par plusieurs symptômes caractéristiques qu’il est important de savoir identifier :
Les taches d’humidité apparaissent généralement à la base des murs, formant une ligne horizontale qui peut s’étendre jusqu’à 1,50 mètre de hauteur. Ces auréoles sont souvent plus prononcées en hiver et peuvent diminuer en été.
L’efflorescence saline se traduit par des dépôts blanchâtres ou cristallins à la surface des murs. Ces sels minéraux, transportés par l’eau depuis le sol, migrent vers la surface lors de l’évaporation et forment des traces caractéristiques.
Les dégradations des revêtements
La présence continue d’humidité provoque la dégradation progressive de vos finitions intérieures. La peinture cloque et s’écaille, le papier peint se décolle, le plâtre devient friable et se désagrège. Ces dommages nécessitent des réparations fréquentes qui restent inefficaces tant que le problème de fond n’est pas traité.
Quelles solutions pour traiter les remontées capillaires ?
Il n’existe pas de solution universelle : chaque bâtiment présente une combinaison unique de matériaux, d’épaisseur de murs et de niveau d’humidité du sol. Chez Imperméamur, chaque intervention repose sur un diagnostic précis afin de retenir la technique la plus adaptée.
Le diagnostic, une étape indispensable avant tout traitement
Avant toute intervention, un diagnostic complet permet de mesurer le taux d’humidité réel des murs, d’identifier la nature des matériaux et de vérifier qu’il ne s’agit pas d’une autre pathologie (infiltration, condensation) susceptible d’être confondue avec une remontée capillaire. Cette étape conditionne l’efficacité de toute la suite des travaux.
Le drainage périphérique
Lorsque l’humidité provient d’un excès d’eau dans le sol autour du bâtiment, un drainage périphérique peut compléter le traitement par injection. Cette solution consiste à installer un système de drains le long des fondations pour évacuer l’eau à distance des murs et réduire la pression hydrostatique qui alimente les remontées capillaires.
L’injection de résine hydrophobe
L’injection de résine hydrophobe est aujourd’hui la technique de référence pour traiter durablement les remontées capillaires. Elle consiste à percer une série de trous à la base du mur, à intervalles réguliers, puis à y injecter sous basse pression une résine (silane-siloxane le plus souvent) qui se diffuse dans la porosité du matériau.
En séchant, cette résine forme une barrière étanche continue à l’intérieur même du mur, reproduisant l’effet d’une barrière d’étanchéité horizontale d’origine. L’eau du sol ne peut plus franchir cette nouvelle barrière et le mur s’assèche progressivement sur plusieurs mois.
L’assainissement et le traitement des enduits intérieurs
Une fois la barrière étanche posée, les enduits dégradés et chargés en sels doivent être purgés puis remplacés par un enduit d’assainissement macroporeux. Ce type d’enduit laisse le mur respirer et permet l’évaporation de l’humidité résiduelle sans faire réapparaître les taches et l’efflorescence en surface.
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FAQ
Combien de temps faut-il pour assécher un mur après un traitement ?
Le séchage d’un mur traité par injection de résine hydrophobe n’est pas immédiat. Comptez généralement entre 6 et 18 mois selon l’épaisseur du mur, les matériaux et le niveau d’humidité initial. La barrière étanche agit dès la fin de l’injection, mais l’eau déjà présente dans la maçonnerie doit s’évaporer naturellement.
Les remontées capillaires peuvent-elles disparaître seules ?
Non. Sans traitement de la barrière d’étanchéité, le phénomène persiste et s’aggrave généralement avec le temps, à mesure que les matériaux se dégradent et que les sels minéraux s’accumulent dans la maçonnerie.
Quelle est la différence entre une remontée capillaire et une infiltration d'eau ?
Une remontée capillaire est provoquée par l’eau du sol qui monte dans les murs par capillarité, depuis les fondations vers le haut. Une infiltration correspond à une pénétration d’eau depuis l’extérieur par une voie identifiable (fissure, toiture, façade). Les deux problèmes peuvent coexister mais se traitent avec des techniques différentes.
Faut-il repeindre les murs après un traitement contre l'humidité ?
Oui, mais pas immédiatement. Il est recommandé d’attendre la fin du séchage du mur et l’application d’un enduit d’assainissement macroporeux avant toute finition décorative, afin d’éviter que la peinture ne cloque à nouveau.
Le traitement des remontées capillaires est-il garanti dans la durée ?
Un traitement par injection de résine hydrophobe correctement réalisé, associé à un enduit d’assainissement adapté, constitue une solution durable dans la très grande majorité des cas, à condition que le diagnostic initial ait bien identifié l’ensemble des facteurs aggravants (drainage extérieur, ventilation, niveau du sol).
Un diagnostic est-il vraiment nécessaire avant de commencer les travaux ?
Oui. Certains symptômes attribués à tort aux remontées capillaires relèvent en réalité de la condensation ou d’une infiltration. Un diagnostic précis évite d’engager des travaux inadaptés et coûteux qui ne résoudraient pas le problème réel.
